Réflexion

 Pénétrer la dynamique de l’action pour en débusquer les hésitations, les doutes.
Instaurer du vide là où règne le « rempli » .
Épurer la forme au signe.
Privilégier les cadrages fixes pour mieux observer la recomposition toute subjective du sens de ce « signe ».
Explorer un archétype.
S’inscrire ensuite dans l’utopie d’une redéfinition, sans pour autant chercher à figer complètement une réalité faite de mouvements.
Ne pas perdre pied.
Comment prétendre à cela tandis que la réalité peut encore menacer de s’effriter ?
 
Lu par fragments au cours du film Alphaville de Jean-Luc Godard, le livre Capital de la douleur écrit par Paul Eluard, revêt l’image d’un pamphlet, « dualisant » dans le mélange de mythes et de réalité qu’il propose, fantasmes et non-dits . Aussi voit-on le personnage de Lemmy ( E. Constantine ) traverser des « zones interdites » — images produites par ailleurs en « négatif » dans le film ― nous apparaissant comme d’intriguantes « zones de non-droit ». Le film est parsemé de signes, comme pour inculquer une procédure à suivre. Parallèlement à cette lecture, un ordinateur se borne à imposer des principes de physique et de logique moderne.
 
Le signe donc au quotidien.
Le pouvoir du signe, sa « dialectique », en un instant, en une image, en un schéma et l’homme s’y entremêlant.
Langage originel ou logistique moderne ?
Il s’agirait maintenant de renvoyer la représentation, quelle qu’elle soit, à sa propre mécanique et au sens qui peut être induit dans sa structure.
 
Mon travail s’interroge sur la pluralité et la divergence des sens ainsi que la difficulté à surmonter le conflit de signification.
L’homme d’aujourd’hui ne s’éprouve plus semblable à autrui mais au contraire  différent et étranger.
Comment alors exister dans l’espace de l’autre ? quel langage employer ? comment encore dialoguer dans la compréhension ?
L’espace devient le « symptôme » du rapport au réel, notamment dans la relation à « l’autre » et ce qui va constituer le lieu de la rencontre tiendra dans la façon, où ce que l’on pourrait appeler le « jeu », viendra s’inscrire dans le dispositif.
L’espace, alors délimité et règlementé devient « efficace », agissant à son tour également sur le corps : il pourra séparer, rétrécir, ouvrir, occulter, dévoiler…
Il viendra faire sens dans sa construction et sa déconstruction, intégrant différemment durées, oscilliations sonores et mouvements aléatoires. 
Jouer de la signalétique et ainsi « fragmenter » le réel pour espérer ensuite former une totalité, usant de la « passerelle » du « sens » comme du « non-sens » comme d’un lien permettant de sortir de l’isolement pour se « construire » une appartenance, sont les bases sur lesquelles se fondent mes travaux.